#Vivre de paysage

Dans la contrainte du confinement, nous vous invitons à observer différemment la vue que vous avez depuis chez vous, à prendre le temps non seulement de regarder votre paysage quotidien, mais aussi de le vivre intensément. Interrogez sa beauté, sa laideur, ce qui vous stimule, vous surprend, vous énerve. Repensez, observez, écoutez, sentez, avec une acuité nouvelle, votre environnement immédiat.

"Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux, de voir l'univers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d'eux voit, que chacun d'eux est." Marcel Proust, "La Prisonnière"

Lancée début avril 2020 au pic de la pandémie de covid-19, l’action #VivreDePaysage avait pour première ambition de partager ce paysage familier devenu notre décor imposé, et de lui imposer notre perception accrue et notre volonté en suspens.

 

Convaincus que la transition explorée par le bioscaphe devait se porter, dans ces circonstances très particulières, sur notre entourage immédiat, nous espérions que ce petit exercice de perception, de contemplation et de projection séduirait les sédentaires forcé·e·s.

 

Nous n’avons pas été déçu·e·s ! Et nous remercions toutes les contributrices et contributeurs.

 

Déjà, les paysages décrits débordent de la seule « prise de vue » : on y perçoit d’autres sensations, comme les sons, les odeurs, le temps qui passe. Pour paraphraser le philosophe François Jullien à qui nous empruntons le titre de cette action, « ces paysages s’étalent moins en panorama qu’ils ne se développent en milieu, où vivre à nouveau est en essor, s’émancipe, s’intensifie. »

Au-delà d’un émerveillement qui fait la part belle à des échappées sur la nature, on relève dans ces envois le prix de ces semaines hors du temps, que ce prix nous coûte en solitude et en incertitude ou qu’il nous comble par certains bienfaits. Se dégagent également clairement de ces envois, des pistes qui peuvent nous inspirer collectivement pour façonner « le monde d’après » :

  • désir de produits écologiques de proximité, de plaisirs plus simples;

  • désir de faire prolonger notre expérience de « démobilité » pour limiter notre fringale de déplacements aériens ou automobiles, pour privilégier la marche ou le vélo, ou simplement pour ralentir le rythme;

  • désir de restaurer une biodiversité menacée, de redonner une place à la nature;

  • désir de renforcer ou créer du lien avec un voisinage jusqu’ici trop anonyme;

  • désir de « repaysager » ce que nos aménagements urbains ont détruit et qui nous empêchent de vivre.

Ces aspirations recoupent en grande partie les objectifs de l’Appel du 4 mai lancé au début du déconfinement.

Il ne sera pas facile de maintenir cet élan, de le faire perdurer, d’éviter qu’il s’étiole dans l’effervescence d’une bougeotte réactivée. Les images et les textes réunis sur cette page en conserveront au moins la trace et l’heureuse connivence.

@CollectifBioscaphe #VivreDePaysage

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