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24·12 - Les religions face aux défis écologiques

À la veille de Noël, la dernière étape de ce calendrier de l'Avent ouvre une petite fenêtre sur la spiritualité pour rappeler que les Églises déploient depuis fort longtemps un engagement en faveur de la préservation de l'environnement. « Une certaine ignorance règne au sein des milieux écologiques au sujet de l’engagement écologique des Églises », fait remarquer Irène Becci, professeur à l'Université de Lausanne dans une interview sur l'écospiritualité parue dans le magazine Réformés. Le dossier rappelle que dès la fin des années 1970, les Églises ont emboîté le pas de la prise de conscience environnementale. La parution en 2015 de l’encyclique du pape François sur l’environnement – le fameux Laudato si' au sous-titre explicite « sur la sauvegarde de la maison commune » – va aussi dans ce sens. Eco et œco sont une seule et même racine.


L'engagement traditionnel des Églises favorisant la sauvegarde du bien commun est peut-être le plus manifeste à travers leurs organismes de développement, au Nord comme au Sud. Il est frappant de voir combien de campagnes communes des associations catholiques et protestantes traitent des aspects écologiques.


Ces convictions se traduisent aussi de plus en plus dans la gestion du patrimoine bâti. L'association œco Eglise et environnement (oeku en allemand) est une association œcuménique chrétienne, qui certifie notamment les paroisses avec le label du Coq vert. Porté par le Conseil œcuménique des Églises, le projet immobilier Green Village au Grand-Saconnex offrira 6 nouveaux immeubles disposés autour du bâtiment historique du Centre œcuménique. C’est le premier quartier labellisé One Planet Living à Genève. 

© www.reformes.ch


Figure reconnue de l'écospiritualité, le sociologue et théologien lausannois Michel Maxime Egger est responsable du Laboratoire de transition intérieure à Pain pour le prochain. Il affirme qu'il faut aller au-delà des écogestes: « Les racines des problèmes écologiques et socio-économiques sont spirituelles. Elles manifestent une crise généralisée du sens et du lien. La transition est l’engagement – individuel et collectif – pour ce passage. Elle implique une transformation intérieure : un changement fondamental de notre système de valeurs, de notre mode de vie, de notre regard sur les autres ».


Le calendrier de l'Avent du Bioscaphe s'est inspiré cette année de la synthèse des recherches en biologie sur le phénomène de l'entraide, détaillées par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle dans leur ouvrage commun (L’entraide, l’autre loi de la jungle, éd. Les liens qui libèrent). Les deux chercheurs arrivent à la conclusions que « ces nouvelles manières de voir l'entraide donneront peut-être confiance à celles et ceux qui n'osaient pas exprimer tout haut leurs intuitions de peur de passer pour utopistes ou naïfs » (p. 307). C'est à ce stade que la biologie rejoint la quête spirituelle des croyants autour de valeurs comme l'altruisme, la diversité, la sobriété. Le changement de mode de vie peut (doit?) aussi passer par la spiritualité.

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