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23·12 - Graines d'autonomie

De tout temps, les plantes cultivées ont été élevées en jardin ou en terrain agricole et leurs semences transmises. La semence était un bien commun par excellence. Ne dépendant d’aucune législation, elle s’échangeait librement, en famille, entre voisins ou connaissances. La modernisation et la rationalisation de l’agriculture au 20e siècle ont mis à mal ce statut des semences, qui sont peu à peu devenues la propriété de certain·e·s au détriment du plus grand nombre. 74% du marché des graines et des céréales dans le monde est contrôlé par des grands groupes tels que Monsanto ou Syngenta.


Face à l’accaparement mondial des semences par quelques firmes multinationales, de nombreuses initiatives et résistances apparaissent pour cultiver la biodiversité et la souveraineté alimentaire. Avec une forte dimension collective.

Récolte des graines de pavot © ProSpecieRara

C'est notamment le cas en Suisse avec l'association ProSpecieRara, qui assure la conservation de plus de 1600 variétés rares de plantes potagères, de plein champ et d’ornement. Les graines sont données à des agriculteurs et à des jardiniers amateurs (environ 600 jardiniers bénévoles formés) pour être cultivées et multipliées dans des endroits aussi variés que possible. Les nouvelles semences sont ensuite redistribuées à d’autres amateurs/trices de variétés végétales, notamment dans le cadre de bourses d’échange.


Préparation des graines © Les Jardins des Délices


La création de grainothèques favorise également la pratique des échanges de semences. Souvent installée à l'entrée d'une bibliothèque, comme celle de Vevey ou de Genève Saint-Jean, une grainothèque est un système d’échange de graines où chacun·e peut déposer, prendre ou échanger des graines, librement et gratuitement. Une grainothèque permet de découvrir et de faire goûter aux variétés non commercialisées et contribue à démontrer que les jardiniers/ères peuvent récolter et échanger des graines, et s’affranchir des semences standardisées.


Les semences libres sont donc à la fois vecteurs d’autonomie et facteur de liens. La pratique des échanges de semences a également une grande importance socio-culturelle, puisqu’elle préserve la biodiversité. Sans ces échanges, plusieurs variétés seraient perdues.



Demain, veille de Noël, on fait le lien entre spiritualité et écologie.

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